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La cartographie de l’habitat sur le plateau d’Akouai-Santai, dans la commune de Bingerville, met en évidence une dynamique d’urbanisation à la fois rapide, contrastée et fortement conditionnée par les caractéristiques physiques du milieu. L’analyse croisée du cadre naturel, des processus d’urbanisation et de la répartition spatiale du bâti révèle un territoire en profonde mutation, où l’occupation de l’espace résulte d’interactions complexes entre contraintes topographiques, pressions foncières et logiques socioéconomiques. L’étude du cadre physique montre que le plateau d’Akouai-Santai n’est pas un espace homogène. Le relief disséqué, les pentes parfois élevées, l’organisation en sommets, versants et fonds de vallées, ainsi que la nature des sols, influencent directement les modalités d’implantation de l’habitat.
L’analyse de la genèse du mécanisme d’urbanisation souligne le rôle central joué par les sociétés de construction immobilière, les dynamiques foncières et l’attractivité croissante de Bingerville dans le contexte métropolitain d’Abidjan. Le plateau d’Akouai-Santai apparaît comme un espace de front urbain, où coexistent des formes d’habitat planifiées et des extensions plus spontanées, souvent en avance sur les capacités d’encadrement technique et réglementaire. Cette dynamique est renforcée par la diversité des activités socioéconomiques et par une demande résidentielle soutenue, qui pousse l’habitat à investir progressivement des espaces initialement perçus comme contraignants. La typologie du bâti et de l’habitat met en évidence une grande hétérogénéité des formes urbaines, allant de constructions structurées à des implantations plus précaires.
L’évaluation des niveaux de concentration du bâti par paliers d’altitude apporte un éclairage déterminant sur l’organisation spatiale de l’habitat. Elle montre que l’urbanisation est fortement polarisée, avec des sommets relativement sélectifs et structurants, des haut et mi-versants jouant un rôle majeur dans la densification urbaine, et des bas versants devenant des espaces d’accueil de plus en plus sollicités malgré leur vulnérabilité.