Description
Leave review
Description
Cet article analyse le développement du secteur des jeux de hasard au Cameroun, ainsi que les logiques sociales, économiques et culturelles qui structurent les comportements des acteurs impliqués. En effet, les jeux ne sont plus un de simples divertissements, mais constituent désormais un phénomène social total où s’entrecroisent enjeux économiques, stratégies de survie, croyances populaires, pratiques symboliques et intérêts institutionnels. Les jeux apparaissent ainsi comme des espaces où se manifestent les contradictions de la société camerounaise marquée par le capitalisme, la précarité et la recherche de mobilité sociale. dans un premier temps, l’étude souligne le fonctionnement des jeux de hasard selon une logique d’affrontement entre les promoteurs de jeux et les joueurs. Les promoteurs de jeux maximisent leurs profits tandis que les joueurs espèrent gagner de l’argent afin d’améliorer leurs conditions de vie. Cette relation produit un système économique dynamique fondé sur les mises, les probabilités, les stratégies de gain et les mécanismes de fidélisation des joueurs. Dans cette arène, l’Etat joue un rôle central dans l’organisation du secteur des jeux. En tant qu’acteur institutionnel, il est chargé de règlementer les activités ludiques, de délivrer les agréments, de percevoir les taxes et de contrôler les acteurs. Historiquement, les loteries ont souvent servi de source de financement pour les Etats. En Europe notamment, les loteries ont permis de financer des hôpitaux, des œuvres publiques et des projets d’intérêt collectif. Cette logique s’est progressivement étendue au reste du monde. Ainsi, au Cameroun, les pouvoirs publics considèrent les jeux comme un secteur économique à part entière. Les casinos et autres jeux contribuent au budget national à travers différents impôts et taxes. Or, derrière cette dimension économique, l’addiction, les fraudes et les pratiques illégales font florès. Cette quête effrénée vers le gain ’inscrit dans une société où l’argent représente une valeur centrale, où tout semble fonctionner suivant la logique mercantiliste.